Samedi 23 février, au matin, direction la Bretagne et plus précisément Lannion. Je y dois courir le lendemain mon premier trail long : l’UTCA, l’Ultra Tour des Côtes d’Armor.

Plusieurs formats sont proposés par l’organisation:

  • 78 km en solo ou en relais
  • 52km
  • 18km
  • Marche nordique et courses enfants.

Ah oui ! C’est aussi une course qualificative pour l’UTMB qui donne 3 points.

utca ultra tour des cotes d'armor trail running nutrisens sport

Thomas (aussi appelé Tom dans ce CR), mon homme, est là pour me soutenir et pour faire mon assistance durant la course. Je ne sais pas à quoi m’attendre, forcément je me pose une multitude de questions. Je n’ai jamais fait cette distance, j’ai peur de manquer de temps et d’être mise hors course.

J’ai choisi de faire le 78 km solo et, en prime, mon grand ami Christophe sera avec moi. Il a l’expérience du terrain Breton, du trail et toute ma confiance en ce qui concerne les conseils qu’il pourra me donner durant la course.

Équipement

Je note ici le nom de mon matériel afin que vous puissiez retrouver facilement les informations. Ce sont des produits que j’affectionne particulièrement et qui ont démontré leur efficacité. J’en suis contente alors autant vous les recommander !

J’ai fait le point sur :

Mes affaires

  • Mon t-shirt Team Ruban Bleu : je cours aux couleurs d’une association qui promeut le mieux être des malades atteint de sclérose en plaques, par la pratique d’un sport.
  • Des manchettes : le départ de course est à 7h du matin et la température devrait avoisiner les 3 degrés.
  • Mes chaussettes Injinji : (chaussettes à doigts de pieds) que j’ai achetées avant tout pour porter avec mes Fivefingers (chaussures à doigts de pieds) et ont fait largement leurs preuves. Depuis que je les mets, finis les ampoules ou les orteils qui ne ressemblent à rien après un run donc même avec des pompes de trail je les porte.
  • Les lacets Xtenex Flat (lacets élastiques) sont installés sur mes chaussures depuis un bon mois. J’aime bien le confort qu’ils offrent aux pieds. Je n’ai plus cette impression de compression et de fourmillements qui m’a déjà pas mal gêné sur des courses. Je me demandais avant de faire ce trail si ils tiendraient 78km sans se détendre ni bouger et la réponse est OUI. Ils n’ont pas bougés d’un poil.
  • J’ai préparé une playlist car je sais qu’à un moment j’aurai besoin de compagnie musicale. Pour ça, j’ai mes écouteurs Aftershokz (écouteurs à conduction osseuse qui n’isolent pas du bruit environnant) que je ne lâche plus. J’apprécie de pouvoir être attentive à mon environnement tout en profitant de ma musique.

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Mon alimentation

Hydratation :

  • J’ai commencé 3 jours avant à prendre le Pro Dextro Thé Pêche. C’est une boisson qui permet d’augmenter le stock d’énergie avant les épreuves sportives. Le goût est sympa et en plus le format « mélanger dans 1,5 L d’eau » force à l’hydratation sur les jours pré épreuve. Parfait !
  • J’hésitais entre gels énergétiques liquides ou une gourde de Bio Energy à la banane. Je me suis dit que, moins j’aurais de trucs à prendre, mieux ce serait. J’ai opté pour la gourde et j’ai été agréablement surprise. L’aspect en bouche n’est pas du tout pâteux même très agréable en fait. Pas trop sucré, tant mieux !
  • Au ravito du 38ème, Thomas a la mission de me préparer une flasque de boisson spéciale longue distance Naturium Poulet Curry. À un moment donné les produits sucrés je n’en peux plus de les avaler.

Solide :

Tout est mis dans mon sac de trail. Je checke une dernière fois le matériel obligatoire car il serait idiot d’être mise hors course pour une étourderie.
Après un resto rythmé par Soso, ses angoisses et ses questionnements, il est l’heure d’aller au lit…

Jour de course

Réveil à 5h. Le départ est à 7h salle des Ursulines à Lannion. Une douche, un petit déjeuner et nous allons en direction de l’arche pour 6h30. Tom et Audrey (la femme de Christophe) nous accompagnent et seront notre assistance sur la durée de l’épreuve. J’avoue que ça me réconforte de savoir qu’ils seront là pour nous épauler.

J’ai des moments d’absence, d’appréhension. J’ai déjà couru 78km mais sur un format autre avec un temps imparti tout à fait différent (No Finish Line Paris 2018 en 19 heures de course). N’oublions pas : je suis novice sur les courses longues avec seulement quelques trails « courts » à mon actif (maximum de 38km en 5 heures) et 5 marathons (le dernier en date est celui de Cernay-la-Ville en janvier en 4h21).

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J’aime participer a des courses atypiques : pour le changement d’heure de 2 heure du matin à 2 heure du matin ou bien rejoindre un uranoscope et parcourir 20km pour voir les étoiles, ou encore, relier Paris à Cabourg en relais et partager une aventure humaine. Tout ça, c’est facile pour moi, mais courir sur une telle distance, j’avoue que je ne connais pas !

7h, top départ ! Nous sommes parés de nos frontales car il fait encore nuit, passons l’arche de départ et sortons de la salle. Nous papotons avec Christophe, je crois qu’il a remarqué mon stress et fait en sorte de me changer les idées. Pour quelqu’un de pas très bavard, il fait de sacrés efforts pour moi.

Après 15 bons kilomètres de sous-bois et de villes, nous rejoignons Perros-Guirec. Il est 8h35, je n’ai pas vu le temps passer. Le lever de soleil sur la mer est sublime. Nous ne le savons pas encore à ce moment-là mais nous allons nous en prendre plein les yeux pendant 78km.

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À 9h on pointe sur le premier ravitaillement qui se trouve au 18,5 km, soit après 2 heures de course. Thomas et Audrey sont déjà sur place et c’est cool de pouvoir échanger avec eux sur ce premier quart de course. Tom m’aide à récupérer mon verre dans la poche de mon sac car mes doigts sont gelés, ce qui complique les manipulations. Je suis un peu déçue par le ravito proposé mais, en même temps, j’ai un garde-manger sur le dos. 5 minutes de pause et on repart.

J’ai hâte d’arriver au 30ème kilomètre. Ça marquera le passage du premier « obstacle » et déterminera si la seconde partie de course peut se faire de manière moins stressante… Nous le passons après 3h25 de course. Plus de soucis de barrières horaires !

Je m’attends à voir un bénévole pour le relever le chrono mais… personne… J’imagine donc qu’une personne sera sur place au moment de la barrière horaire pour arrêter les coureurs tardifs.

J’ai 2h05 d’avance maintenant, la prochaine est fixée à 18h30 pour le 62ème kilomètre, j’espère bien la passer avant.

À 13h nous arrivons sur le ravitaillement du 50ème après 6 heures d’effort. J’en suis plus que satisfaite et j’avais hâte d’y arriver : la fatigue commence à bien se faire sentir. Christophe m’a permis de garder un bon rythme et me donne de précieux conseils pendant nos déplacements. Je n’avais pas vraiment envie de le ralentir.

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Je profite du moment pour changer mes chaussettes car, 20km plus tôt, j’ai été rattrapée par la mer et mes pieds ont pris l’eau. Nos acolytes nous attendent patiemment. C’est un sacré challenge pour eux cette histoire d’assistance. Je crois bien qu’ils sont tout autant fatigués que nous car ils font la course à leur manière. De plus, ils ont le poids de la responsabilité car ils ont dans un sac tout un tas de choses qui pourraient nous être utiles (changes, nourriture en plus, bombe de froid…).

Je repars après 20 bonnes minutes. Ça commence à piquer et, malgré tout, je vois le temps filer. Je l’avais pas vue venir celle-la ! Moi qui voulais avant tout finir, je veux maintenant, non seulement finir, mais en plus sans trop d’écart par rapport à ce que je fais sur du « court ».

55ème km, 7h07, j’encaisse mal les « 1 heure pour 5 bornes ». J’oublie que j’ai fait une bonne pause et que, forcément, ça fausse la statistique. Ce moment est un peu compliqué car je n’arrive pas à reprendre le dessus et à courir. Je ne peux pourtant pas dire que j’ai mal quelque part. Je crois que c’est vraiment une fatigue due au rythme que je me suis donnée depuis le début, une baisse de moral, puis, pour couronner le tout, je vois droit devant une montée du tonnerre…

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Je sais aussi que la partie qui reste est un peu compliquée (enfin c’est ce que j’entends depuis ce matin : « gardez en un peu pour la fin »).

Pour ne pas subir la distance qu’il me reste à faire, je pense en « distance entre les ravitaillements ». C’est marrant comme on se conditionne. Les paysages sont toujours aussi beaux, on a de belles montées techniques, des passages rocheux et des passages en forêt avec de belles racines qui dépassent. Ce que j’aime bien dans ce genre de forêts, c’est le sol qui « résonne » quand on le foule et les parties molles qui donnent l’impression de bondir.

Au 60ème, Christophe qui est habitué aux trails long peut encore envoyer et nos chemins se séparent. Je suis touchée qu’il m’ait accompagnée si longtemps. Je sais bien qu’il ne recherche pas le chrono mais je reste consciente qu’il a rogné sur SA course pour m’apporter son aide et son soutien.

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Je fais la rencontre de Jean-Philippe avec qui je finirai les 18km restants. C’est marrant comme le contact se fait rapidement sur ce genre d’épreuve. Pas de place pour le faux semblant, bien qu’on ne se connaisse pas on discute comme deux bons copains.

On est cramés tous les deux et ça tombe bien, on a la même stratégie de fin de course : marcher quand ça monte et courir dans les descentes. J’emploie le mot « stratégie » mais en fait c’est juste qu’on est KO.

On trouve le moyen de se tromper de chemin. Absence de balisages ou manque d’attention de notre part, on ne sait pas trop. Toujours est-il qu’on croise un autre coureur qui a mis la trace GPS de la course sur sa montre et que nous suivons. Il a d’ailleurs lui aussi l’air d’avoir adopté la même stratégie que nous…

1100m de D+ déjà dans les pattes (ah oui je ne l’ai pas dit mais le D+ et moi on est pas franchement copains !).

Nous longeons un canal où se reposent des canards, goélands et mouettes. J’aimerais bien être à leur place d’ailleurs. C’est un passage plat. Je me dis que ça doit être vraiment top quand on en a encore sous la semelle. Cette fin de course est chouette. Les passants nous encouragent et certains nous questionnent sur ce qu’on est en train de faire. J’aime voir leurs têtes quand je dis « on fait un trail et on en est à 70km ! ».

La dernière épreuve arrive: les Escaliers de Brélévenez. En les voyant, je me dis : AÏE ! Mais, en pratique, on les monte en papotant avec Jean-Philippe donc ça passe très bien. On y voit le clocher de l’église et c’est magnifique. Il est 17h45. Un gars que je vois régulièrement depuis le début monte les escaliers à fond… Seulement, une fois en haut il s’assoit sur le rebord, il a trop fait monter le cardio, il est KO.

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L’après est très joli. Visiblement nous courons sur un ancien réseau de chemins de fer. On se perd encore une fois à quelques kilomètres de la finish line. Nous avons été informés que nous devons suivre le fléchage avec un « R » pour le retour une fois dans Lannion mais nous ne voyons que le fléchage de départ, que nous remontons.

Je suis paniquée, j’ai peur de me mettre hors course à quelques mètres de la fin (bah oui, imaginons que je prenne un raccourci sans m’en rendre compte, c’est pas honnête pour les autres coureurs…). J’appelle Thomas qui est à l’arrivée et qui nous attends pour lui raconter notre mésaventure.

Heureusement que Jean-Philippe connaît la ville et nous arrivons à retrouver notre chemin.

Une coureuse que je m’étais forcée à doubler 20km plus tôt me passe devant. Je crois à ce moment là qu’elle est Senior Femme, tout comme moi, et je pense que cela me place maintenant 4ème… J’aime le challenge, je fonce, la double, dernier tour sur la gauche, tout droit et on y est… Je passe sous l’arche en 11h18.

Cette coureuse était en fait V1, la 3ème SF est arrivée 1 heure plus tôt que moi, tant pis.

Au moment où je passe cette ligne, je ne me rends pas compte que c’est fini. Je vois bien le compteur de ma montre indiquer 78km mais ça me semble irréel. J’ai du mal à identifier ce que je ressens vraiment. J’ai encaissée tellement de choses sur la journée que ma tête ne veut plus réagir. Imaginez : je pars sur un trail fin février, je me conditionne à avoir un temps Breton venteux et nuageux pendant des mois et, au lieu de ça, il fait 20 degrés… La nature nous propose un tableau magnifique et, en plus, je n’ai pas tant souffert que ça physiquement.

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1 mois auparavant j’avais vraiment eu du mal à boucler 38km : douleurs musculaires, fatigue et mauvaise gestion de l’alimentation donc, forcément, je n’avais pas misé sur de si bonnes sensations pendant les 3/4 de la course.

Cette arrivée marque la fin d’une sacrée épreuve. Je suis partie avec énormément de questionnement, sur moi, sur ma capacité ou non à arriver, à courir si longtemps, j’avais peur de la blessure… et je m’en sors avec une petite tendinite au genou mais rien de bien méchant. Je pensais être bonne dernière et angoissais à l’idée du « hors délais ». Au lieu de ça, je passe les 30km en 3h30, les 50 en 6h et finis la course en 11h18 soit 10 minutes avant la barrière horaire pour franchir… le 62ème km !

J’ai quelques clefs pour le prochain trail long qui sera l’Écotrail de Paris 80km. La plus importante reste la gestion de l’allure sur les 50 premiers kilomètres pour ne pas avoir à trop marcher sur les kilomètres de fin de course.

Qui dit finish line, dit Recup10 goût chocolat, le plaisir ultime après 78 bornes.

Debrief

Dotations

Les cadeaux sont :

  • Un eco-cup rouge marqué UTCA (pas de verres jetables en course donc cette dotation est plutôt pas mal pour ceux qui auraient oublié leurs eco-cup)
  • Un stylo
  • Un plaid avec l’image du phare de Ploumanac’h à l’arrivée

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Nous avons le droit également à une crêpe et une part de paella avant de partir.

Je me questionne encore quant au choix de la paella… Ne sommes nous pas au pays des galettes ?

Alimentation

En tant qu’ambassadrice Nutrisens Sport, j’ai placé ma confiance sur la gamme Nutrisens Sport et j’en suis très satisfaite.

La texture des produits est bien pensée. La boisson Poulet-Curry apporte ce petit truc changeant et salé qui manque sur les ravitos. Les goûts sont « authentiques ». Je n’ai pas eu l’impression de manger des choses bourrées de « E quelque chose » ou avec des goûts capillotractés.

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Concernant les ravitaillements de la course : eau et cola, chips, bananes, oranges, chocolat et parfois saucisson. J’ai trouvé ça léger. Néanmoins, nous en avions en nombre au 18ème, 26ème, 38ème, 50ème, 59ème et 68ème kilomètre.

Le ravitaillement d’arrivée comptait en plus des crêpes, paella, minis sandwichs ainsi que de la soupe et des Tucs.

Paysages

On ne peut que souligner la beauté des lieux ! Le timing parfait le matin avec l’arrivée sur la côte et le lever de soleil. Les premiers passages en forêt et les clairières brumeuses, les sols qui résonnent. Cette côte de granite rose et son spectacle naturel de roches comme posées en équilibre par l’Homme.

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J’ai été émerveillée par LE passage à proximité de la Chapelle du Diable et ses gargouilles (qui est en fait une remise à bateau).

Balisage

Sur les 3/4 du parcours, le balisage était fourni : marquages au sol, rubalises, flèches sur les roches. Mais, en fin de parcours, notamment pour une partie en forêt, j’ai eu du mal à les trouver. La fatigue a sûrement joué là-dessus, mais j’estime avoir perdu une trentaine de minutes à essayer de m’y retrouver.

Bénévoles

Tous ont été gentils et prévenants. Outre les encouragements et l’aide apportée sur les ravitos. C’est toujours bon de le souligner, une course ne peut prendre vie sans bénévoles.

Pour l’anecdote : en arrivant sur Lannion les bénévoles connaissaient mon prénom. J’ai été agréablement surprise ! C’est une petite attention qui fait plaisir surtout après 75 kilomètres de course.

Moment fort

Pour finir, le moment fort de ce trail surviendra 4 kilomètres avant la fin de course. Alors que je viens de monter les escaliers de Brélévenez, je tourne à droite et pendant que j’entame une descente, une dame m’interpelle. Elle veut savoir la signification de mon T-shirt.

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Je lui explique donc le but de l’association. Je vois qu’elle met la main devant sa bouche et me dit « mais, mais c’est moi ! ». Elle est très émue et ça me touche : elle a la SEP (Sclérose en Plaques). C’est fort de faire ce genre de rencontre en fin de course, ça me rappelle pourquoi je suis là et pourquoi je cours.